Selon les règles du programme fédéral PLVH, au moins 90 % de la matière sèche consommée par les bovins inscrits doit provenir de fourrages de base. En Suisse, la vache laitière vit donc d'abord d'herbe, fraîche en été, conservée en hiver, avec un complément modeste de concentrés.
L'herbe, base de la ration suisse
Plus des deux tiers de la surface agricole suisse sont des prairies et des pâturages. Une grande partie de ces terres, en pente ou en altitude, ne se prête pas aux cultures. La vache transforme cette herbe en lait, ce que l'être humain ne peut pas faire directement.
Au printemps, l'herbe jeune est riche en énergie et en protéines. En été, elle mûrit et devient plus fibreuse. L'éleveur ajuste la pâture en conséquence : rotation des parcs, fauche des refus, mise à l'herbe progressive pour habituer la panse au changement de ration.
Été et hiver, deux rations différentes
| Saison | Base de la ration | Compléments fréquents |
|---|---|---|
| Printemps et été | Pâture et herbe fraîche fauchée | Un peu de foin, sel, minéraux |
| Automne | Dernières pâtures, regain | Foin, éventuellement betteraves ou pulpes |
| Hiver | Foin et regain, ou ensilage selon la filière | Concentrés dosés selon la production |
Le foin provient de la première coupe, le regain des coupes suivantes. Le regain, plus fin et plus feuillu, est souvent plus riche. Dans les exploitations qui livrent du lait pour certains fromages à pâte dure, l'ensilage est exclu : la ration d'hiver se compose alors de foin, de regain et parfois de fourrages secs complémentaires.
Combien mange une vache ?
Les quantités varient fortement selon la race, le poids et le stade de lactation. En ordre de grandeur, une vache en production ingère une vingtaine de kilos de matière sèche par jour, ce qui représente plusieurs dizaines de kilos d'herbe fraîche, puisque l'herbe contient surtout de l'eau. Une vache en fin de lactation ou tarie mange moins.
Elle passe aussi de longues heures à ruminer. Ce temps de rumination est un indicateur suivi par les éleveurs : une vache qui rumine moins peut signaler un problème digestif ou une ration mal équilibrée.
Concentrés, sel et eau
Les concentrés sont des aliments riches en énergie ou en protéines : céréales, tourteaux, mélanges du commerce. Ils servent à couvrir les besoins des vaches au pic de lactation, quand l'herbe seule ne suffit pas. Le programme PLVH plafonne leur part, ce qui pousse les exploitations à miser sur la qualité des fourrages.
- Sel : une pierre à lécher ou du sel en vrac reste à disposition.
- Minéraux : calcium, phosphore et oligo-éléments complètent la ration.
- Eau : une vache laitière boit plusieurs dizaines de litres par jour, davantage par temps chaud et en pleine production.
L'eau doit être propre et facilement accessible. Sur les pâturages d'altitude, l'abreuvement se fait souvent par des bassins alimentés par des sources ou des citernes.
Le programme PLVH en quelques lignes
Le programme de production de lait et de viande basée sur les herbages, appelé PLVH, est une contribution fédérale versée aux exploitations qui nourrissent leurs animaux principalement avec des fourrages de prairies et de pâturages. D'après les documents de l'OFAG, la ration annuelle doit contenir au moins 90 % de fourrages de base, avec une part minimale d'herbe fixée à 75 % en plaine et à 85 % en région de montagne. Le respect de ces seuils se vérifie par un bilan fourrager.
Des dérogations temporaires peuvent être accordées lors de sécheresses, quand l'herbe manque. Les règles détaillées et leurs mises à jour se consultent auprès de l'OFAG ou du service cantonal de l'agriculture.
Ce que l'alimentation change au lait et au fromage
La ration influence la composition du lait : un lait d'herbe a une matière grasse plus souple et une couleur plus jaune, liée aux carotènes. Elle influence aussi la fabrication. Les fromagers surveillent la qualité du fourrage, car certaines bactéries présentes dans les fourrages fermentés posent problème pour les pâtes dures, comme l'explique la fiche sur le lait sans ensilage.
En été, une partie des troupeaux monte à l'alpage et se nourrit uniquement de l'herbe d'altitude ; la page sur le fromage d'alpage montre ce que ce régime donne au fromage. La race joue aussi un rôle, comme le résume le panorama des races de vaches laitières suisses. D'autres fiches de la rubrique Savoir-faire et terroir abordent la traite et le bien-être des animaux.
Sources : OFAG, contribution pour la production de lait et de viande basée sur les herbages (PLVH) et bilan fourrager.
